Lutte contre la corruption : KENEKANKO, un outil sécurisé pour dénoncer dans l’anonymat

Lutte contre la corruption : KENEKANKO, un outil sécurisé pour dénoncer dans l’anonymat
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Bamako – Les acteurs du projet LUCCEI 2, en partenariat avec les Ambassades du Royaume du Danemark et du Royaume des Pays-Bas, et avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), ont organisé une session d’information de trois jours, du 15 au 17 décembre 2025, à l’hôtel Maeva Palace de Bamako, sur le monitoring des dénonciations des cas de corruption à travers la plateforme KENEKANKO.

 

Cette rencontre a réuni les structures de lutte contre la corruption, les organisations de la société civile (OSC), les médias et le secteur privé, autour d’un objectif commun : renforcer le suivi, le traitement et la crédibilité des dénonciations de corruption, tout en garantissant l’anonymat et la sécurité des lanceurs d’alerte.

 

Présidant la cérémonie d’ouverture, M. Olivier Tshibola, Chef des projets LUCCEI 2 au PNUD, aux côtés de Mme Mariam Sogoba et de M. Katilé, a rappelé l’importance d’une coordination efficace entre les acteurs pour lutter durablement contre la corruption.

 

Durant ces trois jours de travaux, les participants ont été outillés sur les mécanismes de dénonciation, le monitoring des alertes, ainsi que le partage des rapports produits par des structures clés telles que l’OCLEI, la CENTIF, l’ARGASC, le PNEF et la CGSP.

 

Dans son discours, la Trésorière de la Coalition des OSC de lutte contre la corruption a souligné que la corruption demeure « un frein majeur au développement économique et social », affaiblissant les institutions, détournant les ressources publiques et accentuant les inégalités. Elle a insisté sur le rôle de la veille citoyenne et de la dénonciation comme leviers essentiels de transparence et de redevabilité, saluant la contribution centrale de la plateforme KENEKANKO.

 

Pour rappel, entre juillet 2023 et juin 2024, plus de 1 200 alertes de corruption ont été enregistrées par les points focaux de la COSCLCCP, même si plusieurs d’entre elles n’ont pas encore connu les suites attendues. Une situation qui justifie la nécessité de renforcer les mécanismes de suivi, la collaboration interinstitutionnelle et la confiance des citoyens.

 

Selon Mme Mariam Sogoba, cette activité vise notamment à renforcer les capacités des OSC, améliorer la documentation et le rapportage des cas de corruption, identifier les bonnes pratiques et les défis liés au traitement des dénonciations, et instaurer un cadre de collaboration durable entre la société civile, les médias, le secteur privé et les institutions publiques.

 

Pour clore la session, Mme Sogoba a exprimé sa reconnaissance aux partenaires techniques et financiers, en particulier les Pays-Bas, le Danemark et le PNUD, ainsi qu’aux autorités nationales, pour leur appui à la lutte contre la corruption.

 

À noter que KENEKANKO est une application mobile et une plateforme web permettant de signaler, en toute sécurité, des cas de corruption et de violations des droits humains. Les alertes, reçues via l’application disponible sur Play Store et Apple Store, sont vérifiées par des experts des organisations de la société civile partenaires avant d’être, le cas échéant, transmises aux autorités compétentes ou exploitées par des journalistes d’investigation.

 

Sidy Sow

Mali Coura Media